Enrichissons nos connaissances musicales... et historiques sur le « Grand Siècle »

Accueil, Le Chœur, Historique, Programme 2017-2018, - Le coin des choristes, Divers documents, Notre calendrier, Espace privé et infos perso, Répétitions de La Grande Messe en Ut mineur de Mozart, - Nos amis, Leur calendrier, Annonces d'amis, - Galeries photos, Programme 2017-2018, - Enregistrement des concerts 2017, - Page de fichiers de travail mp3,

Enrichissons nos connaissances musicales... et historiques sur le « Grand Siècle »

Auteur : Y. Bretécher

Date de création : 6/12/2010

Dernière modification le : vendredi 9 novembre 2012 à 11:34


Résumé : Reprenons les bonnes habitudes à l'occasion d'un programme baroque français.


Rubriques Liens vers d'autres pages

Un pays qui nous est étranger

De quel pays Henry Du Mont est-il originaire ?

Quelques références

Un peu de chronologie

La question du diapason baroque

Lully, sa battue, sa canne...

Instruments anciens

Chronologie (suite)

Muse baroque : des spécialistes

Henry de Thier, dit Henry Du Mont (1610-1684)


La diapason sur « Muse baroque »


Le luth sur Wikipedia


Révolution scientifique et cultures baroque et classique

Un pays qui nous est étranger

Vous n'êtes certes pas tous aussi ignorants qu'un webmestre en matière de musicologie ancienne, mais je serais bien surpris que la musique baroque de cour des XVIIe et XVIIIe siècles n'excite en rien votre curiosité. Malgré un enseignement de l'histoire de France mettant largement le Roi Soleil en lumière, nous restons perplexes devant les changements considérables d'interprétation des œuvres musicales, théâtrales et chorégraphiques de cette époque au long des soixante dernières années.

Le programme va même nous faire remonter plus tôt dans le temps avec Henry Du Mont dont la naissance coïncide avec l'assassinat d'Henri IV.

De quel pays Henry Du Mont est-il originaire ?

Quand on lit que :

Probablement né à Looz, près de Hasselt dans une famille originaire de Villers-l’Évêque, Henry De Thier reçoit sa formation musicale à la collégiale de Notre-Dame de Maastricht et en devient rapidement l'organiste. Toutes ces villes, Looz et Hasselt aujourd’hui flamandes ainsi que Maastricht, la hollandaise, faisaient partie de la grande Principauté de Liège qui rayonnait bien au-delà des délimitations actuelles.

(Selon : La meilleure page sur Henry Du Mont)

On notera en premier lieu que Du Mont est une libre traduction, transposition de son patronyme De Thier que j'imaginais plutôt correspondre à « Le Tertre ». Mais avouons que quitte à choisir un nom d'artiste, autant préférer le « Mont » à une vulgaire taupinière de plat pays et une particule de celui qui est né quelque part plutôt qu'un péjoratif article défini singulier.

Et résistons vite à la tentation de le considérer comme belge, ce serait prématuré. Le royaume de Belgique n'a été fondé qu'en 1830 !

La principauté de Liège avant 1610

Autant dire un vrai sac de nœuds.

J'oubliais : Liège se dit Lüttich en allemand et Luijk en néerlandais ou flamand.

Quelques références

Hormis l'encyclopédie du web : Wikipedia, il convient de consulter quelques pages spécialisées.

Muse baroque : des spécialistes

Henry de Thier, dit Henry Du Mont (1610-1684)

Un peu de chronologie

En 1638, Du Mont débarque à Paris. C'est l'année de naissance de Louis Dieudonné, futur Louis XIV, alors on comprend que ce n'est pas encore Versailles. C'est à Paris qu'il s'installe et est organiste de 1640 à 1652.

Laurent de la Hyre (1606-1656) : Allégorie de la Régence d'Anne d'Autriche - Le maniérisme

La cour est très perturbée pendant toute cette période où Louis XIII est en lutte permanente avec sa mère (Marie de Médicis) et sa femme (la reine Anne d'Autriche) qui complotent à qui mieux-mieux. Richelieu, puis Mazarin stabilisent comme ils peuvent tout ce bazar. Et ça continue à la mort de Louis XIII, sous la régence d'Anne d'Autriche, jusqu'à ce que le jeune Roi, futur Soleil, reprenne les affaires en main.

Mais en 1652, c'est encore Anne d'Autriche qui mène la danse et fait exiler son beau-frère Gaston d'Orléans, duc d'Anjou, prétendant comploteur à Blois. Henry Du Mont décroche un CDI chez lui. Le voilà logé à la famille royale. Il ne semble pas inutile de souligner que le Gaston dont il est ici question est bien celui qui a été propriétaire du château de Limours en 1626 pour l'avoir reçu en don de son frère Louis XIII qui l'avait lui-même acheté à Richelieu la même année. Vous pouvez lire tout ça par exemple sur cet excellent site.

En 1660, Louis XIV a grandi et pris de l'assurance. C'est donc chez la nouvelle reine, Marie-Thérèse d'Autriche, qu'Henry Du Mont va exercer ses talents. C'est dans ce cadre, puis celui de la Chapelle royale, qu'il va faire le reste de sa brillante carrière.

Roi-Soleil

Il prend sa retraite en 1683, meurt en 1684 et Louis XIV et Lully font imprimer l'ensemble de ses grands motets, dont le Magnificat en 1686.

En 1660, naît André Campra à Aix-en-Provence.

En 1694, il a une vie déjà bien remplie quand, un peu obligé de s'échapper de sa région natale méridionale il arrive à Paris Notre-Dame où il trouve de grandes orgues refaites à neuf.

Un marché est passé en mai 1691 et les travaux suivants sont réalisés :L’entretien est confié aux facteurs mais Thierry meurt en 1699 et l’on fait appel à un facteur local, Jean Bessart, bien connu des chanoines et qui entretient déjà les orgues des églises de la Cité. L’instrument franchit ainsi le passage du siècle au moment même où André Campra quitte ses fonctions de maître de chapelle après cinq années bien remplies au service de la cathédrale.

(Selon : Sur le site de Notre Dame de Paris)

En novembre 1695, selon notre partition, Campra crée le Requiem que nous mettons à notre répertoire. Attention ! d'autres sources le situent beaucoup plus tard mais ça ne semble pas crédible.

Ce n'est qu'après la mort de Louis XIV (1715) qu'il obtint des fonctions à Versailles. S'il est vrai que Lully lui fit de l'ombre, c'est alors que Campra était à Toulon et Toulouse car il n'est « monté » à Paris qu'en 1694, bien après la mort du protégé du Roi-Soleil en 1687. Une grande partie de la carrière versaillaise de Campra s'effectue sous « La Régence » précédant le règne effectif de Louis XV. Comme Couperin.

La question du diapason baroque

Une belle page sur le diapason

La diapason sur « Muse baroque »

Pour donner une idée, si le La est à 440 Hz, le La bémol est à 415 Hz et le Sol à 392 Hz. Enfin, à peu près...

Enfin, en 1991, une restauration avec remise au ton d’origine fut effectuée. Le diapason ainsi restitué (la à 400 Hz) tend à montrer que la maîtrise de Notre-Dame chantait, encore en 1839, au ton ancien.

(Selon : L'accord de l'orgue de chœur de ND de Paris)

En recoupant toutes ces bribes d'information, on peut légitimement en déduire que juste avant l'arrivée de Campra, le diapason aurait été rehaussé de 392 à 400 Hz. Élémentaire mon cher Watson.

Lully, sa battue, sa canne...

Que de contradictions dans tout ce qu'on nous enseigne !

Ne dit-on pas des manières de la cour qu'elles sont empreintes d'une infinie finesse, de grâce et de légèreté ?

Et qu'apprend-on sur la battue de de Lully ? Que, pour marquer les temps il frappait lourdement le sol de son bâton à pommeau ! ... orné de rubans et fanfreluches, certes. De nos jours, on voit encore les tambours-majors donner les départs au bâton dans les défilés militaires d'apparat ; et ainsi font les petites majorettes... mais sans frapper !

Admettons-donc qu'il ne le fit qu'une fois, sous le coup de la colère, pour dompter des musiciens trop libres dans ce régime trop autoritaire. Comme dirait le ministre de la culture.

Comme vous l'avez tous appris, battre les temps est un péché mortel. Et il en mourut. Et comme on disait chez les frères des écoles chrétiennes : « ça lui aura fait les pieds ! ».

Instruments anciens

Les musiciens (Le Caravage)

Ne voudrais point poéter plus haut que mon luth, alors contentons-nous d'observer ces jeunes musiciens, probablement aussi chanteurs sous l'oeil du Caravage (mort en 1610).

Le luth sur Wikipedia

Un luth

Chronologie (suite)

Parlons de chronologie comparée, de mesure du temps, de longitude, de chronomètres, de grand siècle, du siècle d'Hipparque et donc d'hellénisme...

Dates fondamentales en matière de chronologie

Cliquez sur l'image et plutôt deux fois qu'une pour avoir une petite chance de lire les légendes.

1610 : date charnière de notre étude qui voit naître Henry Du Mont, mourir le bon roi Henri IV de l'Édit de Nantes, du cheval blanc et de la poule au pot, mourir aussi Le Caravage et ses joueurs de luth et... la découverte par Galilée des satellites de Jupiter, étape fondamentale de la navigation intercontinentale et de la compétition entre les marines française et anglaise.

150 av. JC : Hipparque en connaissait déjà un rayon de globe terrestre et je rends hommage aux grecs et aux hellénistes.

Enfin on doit quand même dire que le Roi Soleil a subi des éclipses de raison en révoquant l'Édit de Nantes. Méfions-nous des hommes de pouvoir de petite taille : plus tard, Napoléon rétablissait l'esclavage pour les beaux yeux de Joséphine (je dis les yeux, mais selon un professeur d'histoire, Napo lui trouvait le plus joli petit luth que le monde ait jamais enfanté).

Allez, je vous donne mes sources :

Les cahiers de S&V

J'aurais bien voulu faire un petit parallèle avec l'histoire de la philosophie mais c'est assez délicat. Je n'en veux pour preuve que le vide qui règne en ce domaine sur Wikipedia. Et puis, ça pourrait relancer quelques guerres de religions.

Descartes Discours de la méthode 1637

Il y aurait aussi mille et une belles choses à rapporter de ce dix-septième siècle :

Spinoza (1632-1677)

Georges de la Tour (1593-1652) vers 1640

Laurent de la Hyre (1606-1656) : Allégorie de la musique - Metropolitan Museum of Art

Révolution scientifique et cultures baroque et classique


Retour en début de page Nous écrire Mentions légales